Confucius

Publié par in Histoires, Océan

Elle s’étira puis bailla. Elle se retourna vers lui et lui chuchota : « j’adore le Confucius à l’orange ou aux figues. » Elle reprit sa place contre son oreiller, puis se retourna, à nouveau, vers lui pour susurrer : « au petit déjeuner ». « Tout était dit. Faim-taisie. », pensa Andréas, immobile. D’abord, se dit il, faire semblant d’être sourd, alourdi de sommeil. Il voulait garder les yeux fermés encore un peu avant de lui offrir son regard bleu. Elle avait, déjà, pris la tangente à l’autre bout du matelas, feu follet qui ne s’approche qu’en zigzagant. Silencieusement, Andréas esquissa sa silhouette du bout de la pulpe de ses doigts sur le papier de drap. Hirondelle aux ailes pointues. Andréas songea au filet invisible qu’il lui faudra tisser pour l’attraper. Lui sourire, s’approcher, s’écarter, lui tendre la main, la retirer, promettre, guetter, l’attendrir et attendre. L’attendre encore.